23
oct
2011

Le LUFF prime The Oregonian

La 10e édition du Lausanne Underground Film & Music Festival s’est terminée dimanche soir après six jours de projection, de concerts, de performances et d’exposition sur une fréquentation stable de près de 10'000 entrées. Trois films ont été primés, dont «The Oregonian», qui repart avec le prix du meilleur long métrage.

Le jury de la compétition internationale de longs métrages, composé de Koyo Yamashita, Fabrice Lambot et Stephen Thrower, a relevé la qualité visuelle des cinq films en lice. Il a attribué à l’unanimité le prix du meilleur film à The Oregonian, de l’Américain Calvin Reeder. Au nom du jury, le producteur Fabrice Lambot a salué « un film totalement immersif, qui emprunte à plusieurs univers, dont celui de David Lynch, mais qui possède une forte personnalité». «The Oregonian» raconte l’histoire d’une jeune femme qui tente de fuir son passé, mais qui se retrouve confrontée à un univers cauchemardesque dans une forêt de l’Orégon. La prestation de l’actrice Lindsay Pulsipher, révélée par la série «True Blood», a été particulièrement remarquée.

Dans la compétition des courts métrages, les trois membres du jury (Olivier Béguin, Tarik Hayward et Lilian Schiavi) ont primé deux œuvres du programme expérimental pour leur inventivité et la qualité graphique dont ils font preuve : Slick Horsing, de Kiron Hussain, et Miss Candace Hilligoss’ Flickering Halo, de Fabio Scacchioli & Vincenzo Core.

A côté de ces œuvres contemporaines, le LUFF a consacré plusieurs rétrospectives à Stephen Dwoskin, Craig Baldwin, Maria Beatty ou encore Erika Beckman.

Symposium sur les arts illégaux

En sus de cette programmation pléthorique de films et de concerts à laquelle 9500 personnes ont assité, le LUFF a proposé pour la première fois un symposium qui fut consacré aux arts illégaux. Autour de cette thématique, plusieurs personnalités de San Francisco ont fait part de leurs expériences, aboutissant à une discussion riche et constructive samedi après-midi. Parmi les participants figuraient le réalisateur Craig Baldwin, le musicien et co-fondateur de Negativland Mark Hosler ainsi que les éditeurs du magazine «RE/Search» V.Vale et Marian Wallace.

Une autre première fut la mise sur pied d’un workshop durant lequel six « apprentis » ont eu le privilège de se former à la réappropriation et au détournement de pellicule pour en faire une nouvelle œuvre. Spécialiste du « found footage », Craig Baldwin a joué le rôle de professeur durant quatre jours et le résultat de ce travail, véritable transmission de savoir-faire, a été montré samedi soir au cinéma Oblò.

Vive les bénévoles!

Enfin, le LUFF tient à rappeler qu’il repose sur une structure presque entièrement bénévole. Deux postes à 40% ont été créés ces dernières années, mais c’est bien grâce à ses nombreux volontaires que le LUFF, régi par l’Association pour la Promotion de la Culture Indépendante (APCI), réussit chaque année son pari – 15 membres travaillent à l’année et 160 bénévoles sont à l’œuvre durant le festival. Si l’on valorisait le travail de ces bénévoles, le budget du LUFF de 430'000 francs (30’% de dons, 20% de subventions, 25% de sponsoring  et 25% de recettes) serait doublé.

Le prochain LUFF se tiendra du 16 au 21 octobre 2012