29
nov
2011

LUFF 2011 - Persistance #1

Retour sur la 10e édition: entre hémorragie et larme, ou quand des yeux jaillissent des fluides.

Il y a des images qui imprègnent durablement la rétine. Qu'elles soient belles, horribles, folles ou excitantes, celles qui ont déferlé sur les écrans du LUFF cette année en font partie. Et dans le bon sens, on ne parle pas ici de celles qui te collent une tumeur des yeux ou qui piquent sous la paupière, non, on parle de celles qui nous transportent ailleurs, nous questionnent, nous dérangent ou nous flattent la vue. 

Certainement que les images d'un film comme The Oregonian , grand lauréat de cette dixième édition, provoquent tout cela à la fois. Un film complexe, fou, et surtout à contre courant de tout ce qui peut se faire aujourd'hui. Ou presque. Car ce contre courant semble être emprunté par de plus en plus de jeunes cinéastes, et les cinq réalisateurs de la sélection de longs métrages du LUFF 2011 en font certainement partie. 

D'une certaine manière, ils font écho à la carte blanche de Stephen Thrower qui s'est appliqué à sélectionner cinq titres rarissimes sur grand écran, voire sur tous types de support, avec comme pièce maîtresse l'étonnant Duffer réalisé par Joseph Despins et William Dumaresq en 1971 et qui n'avait pas connu les honneurs d'une projection depuis 1972! Moins pointue mais plus festive fut la carte blanche à Peaches Christ qui, après avoir dévoilé son film All About Evil lors d'une séance d'ouverture mémorable, a dévoilé au public quelques-uns de ses titres de chevet. Ainsi, Russ Meyer, Sam Raimi ou Brian DePalma, au travers de certains de leur meilleurs films, ont trouvé place au sein de la programmation du LUFF. Raimi? DePalma? Trop mainstream ont dit certains. C'est oublier non seulement d'où ces auteurs proviennent, mais aussi le caractère si singulier des films sélectionnés. 

Cependant, le cinéma plus extrême avait trouvé sa voie en la personne de Craig Baldwin, alchimiste fou de la celluloïde abrasive, théoricien conspirationniste halluciné, Baldwin et ses oeuvres hybrides et schizophréniques ont enflammé l'écran du cinéma Oblò tandis qu'une bande d'apprentis sorciers apprenait les techniques du found footage sous la supervision du maître! Une expérience unique, qui, on l'espère, aura su contaminer les participants. 

De sorcellerie aussi il était question avec Ghédalia Tazartès qui s'est produit dans la salle Paderewski sur les images du mythique Häxan. La rencontre entre cette oeuvre subversive de l'ère du muet et l'improvisateur semblait avoir été programmée tant les deux se complétaient. Les chants mystiques aux consonances païennes de Tazartès donnaient ainsi une nouvelle dimension à l'imagerie dantesque du film de Benjamin Christensen.

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